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Data, Materialization et Store
Objet
Ce document constitue la sortie principale de 0.0.3-pre.006.
Il définit les frontières durables de données KSP et précise :
- les niveaux D1 à D4 ;
- la séparation
ksp-materializer-api/ksp-materializer-lib/ Store ; - le rôle backend-agnostic de
ksp-store-api; - PostgreSQL comme implémentation de référence de
ksp-store-lib; - provenance et temporalités ;
- idempotence et versionnement des processors ;
- replay indépendant par frontière ;
- sémantique des notifications de données persistées ;
- stabilité différente entre niveaux structurants et projections spécialisées.
Le lifecycle complet, batching, concurrence, backlog et reprise des workers/jobs sont détaillés dans 009-ACQUISITION_WORKERS_AND_JOBS.md.
Nomenclature des niveaux durables
Les niveaux de données ne réutilisent pas N1 à N4, déjà réservés aux couches architecturales KSP.
La nomenclature durable retenue est :
D1 — Raw
D2 — Core canonique
D3 — Journal de matérialisation générique
D4 — Projections spécialisées/queryables par domaine
Flux général :
source on-chain
|
v
ksp-worker-raw-retriever
|
v
D1 Raw
|
v
ksp-worker-core-processor
|
v
D2 Core canonique
|
v
ksp-worker-generic-materializer
|
v
D3 journal générique
|
v
ksp-worker-domain-projector
|
v
D4 projections de domaine
Le nom ksp-worker-domain-projector reste révisable ; la frontière D3 -> D4 est, elle, retenue.
D1 — Raw
Mission
D1 conserve l'acquisition suffisamment fidèlement pour permettre un nouveau processing sans redemander la donnée à la blockchain lorsque l'information nécessaire a déjà été capturée.
raw ne signifie pas nécessairement « enveloppe propriétaire du provider conservée sans aucune normalisation ». Le transport peut normaliser ses différentes sources vers des modèles KSP homogènes.
La persistance D1 doit toutefois rester lossless pour les besoins de replay couverts : toute information nécessaire à la reconstruction du Core doit être conservée, y compris le contenu brut et la provenance utile.
Frontière transport -> D1
Solana RPC ------\
Helius -----------+--> modèle homogène ksp-onchain-transport-lib
Yellowstone ------/
|
v
conversion explicite
|
v
DTO D1 de ksp-store-api
ksp-onchain-transport-lib ne dépend ni de ksp-store-api ni de ksp-store-lib.
La conversion appartient au composant de composition, principalement ksp-worker-raw-retriever ou ksp-job-backfill.
Provenance D1
Selon la catégorie de donnée, D1 doit pouvoir conserver notamment :
- réseau ;
- identité blockchain : slot, signature, pubkey ou autre identifiant applicable ;
- contenu raw/replayable ;
- provider ;
- transport/source ;
- rôle d'acquisition : live, backfill, import ou autre ;
- instant d'observation/acquisition ;
- instant de persistence ;
- hash/identité d'idempotence ;
- informations de pagination/capture nécessaires à la reprise lorsque pertinentes.
block_time reste optionnel et n'est jamais inventé lorsqu'il n'est pas fourni ou reconstructible de manière fiable.
D2 — Core canonique
Mission
D2 contient les faits canoniques Solana produits à partir de D1.
Le Core doit être suffisamment durable et général pour être rejoué vers les matérialisations futures sans repasser par l'acquisition ou le décodage raw.
Conceptuellement, D2 peut accueillir notamment :
- transactions canoniques ;
- instructions top-level ;
- instructions CPI ;
- comptes/états canoniques ;
- résultats de décodage Program ouverts ;
- événements/return data lorsqu'ils sont supportés ;
- autres faits génériques Solana qui appartiennent réellement au Core.
Top-level / CPI
Les instructions top-level et CPI restent des faits distincts.
Leur modèle peut partager des champs, mais KSP ne doit pas les fusionner artificiellement lorsque leurs invariants ou requêtes diffèrent.
La séparation physique exacte sera décidée dans la première release Store.
Frontière D1 -> D2
DTO D1 store
|
v
ksp-worker-core-processor
|
+--> conversion vers entrée ksp-program-api
|
+--> ksp-program-lib / extension compatible
|
+--> sortie Core ouverte
|
v
conversion vers DTO D2 store
ksp-program-api / ksp-program-lib restent indépendants du Store.
Provenance D2
D2 doit pouvoir relier un résultat à :
- son input D1 ;
- l'identité/version du processor ;
- l'identité/version de l'implémentation Program/decoder lorsque pertinente ;
- la capacité de décodage utilisée ;
- un hash de l'input logique ;
- l'instant de processing/persistence ;
- l'état de processing lorsqu'un lifecycle durable est nécessaire.
D3 — Journal de matérialisation générique
Mission
D3 est un journal durable, pas une étape volatile.
Il conserve l'équivalent conceptuel obligatoire de l'ancien journal k_sol_mat_outputs de ks-store, sans figer encore le nom exact de la table KSP.
Il doit permettre de répondre à des questions telles que :
quel input D2 ?
quel materializer ?
quelle version ?
quel output logique ?
quel type/domaine ?
quel hash ?
quel instant ?
quel état courant/superseded/failed/replay ?
D3 permet notamment de reconstruire D4 après évolution d'un projector sans refaire D1 -> D2 ou D2 -> D3.
Frontière D2 -> D3
D2 Core
|
v
ksp-worker-generic-materializer
|
+--> conversion vers ksp-materializer-api
|
+--> GenericMaterializer
|
v
generic materialization output
|
v
conversion vers DTO D3 store
Les noms Rust exacts ne sont pas figés.
Extensibilité externe
Une implémentation externe de materializer doit pouvoir produire un output générique compatible avec D3 sans exiger une nouvelle table PostgreSQL spécialisée.
Cela rend possible :
external materializer
|
v
ksp-materializer-api
|
v
D3 journal générique
avant une éventuelle intégration officielle complète en D4.
D4 — Projections spécialisées de domaine
Mission
D4 contient les représentations optimisées pour les requêtes métier, analytiques et produit.
Exemples futurs :
- assets/tokens ;
- metadata d'assets/tokens ;
- Solana Program Metadata ;
- liquidity pools ;
- order books ;
- swaps/trades ;
- prices/volumes ;
- positions ;
- autres projections de domaine.
Faits canoniques, pas familles par protocole
D4 reste organisé par fait canonique, pas par Program ID/protocole.
Éviter par défaut :
meteora_pools
raydium_pools
orca_pools
au profit d'une projection canonique telle que :
liquidity_pools
avec provenance/identité du protocole lorsque nécessaire.
La même règle s'applique aux swaps, order books et autres faits pouvant être normalisés.
Metadata
Les metadata d'assets/tokens constituent une famille canonique commune pouvant recevoir des données provenant notamment :
- Metaplex Token Metadata ;
- Token-2022 Metadata.
Solana Program Metadata reste une projection distincte car le domaine fonctionnel est différent.
Nouvelle projection externe
Une nouvelle projection D4 relationnelle implique nécessairement un contrat de persistence et une implémentation backend.
KSP ne masque pas cette réalité derrière une API de matérialisation « magique ».
Une extension externe peut fonctionner jusqu'à D3 sans migration Store spécialisée. Pour obtenir une nouvelle projection D4 officielle, il faut intégrer :
- le contrat DTO/repository approprié dans
ksp-store-api; - la migration/repository PostgreSQL dans
ksp-store-lib; - la conversion/projector appropriée dans le composant de processing.
Un mécanisme de backend/projection entièrement externe pourra être étudié seulement si un besoin concret apparaît.
Stabilité des niveaux durables
La direction retenue est :
D1 — fortement stable
D2 — fortement stable
D3 — fortement stable
D4 — volontairement plus évolutif
Après stabilisation de la première série Store réelle, les contrats D1/D2/D3 doivent changer seulement en cas :
- d'erreur structurelle ;
- d'omission majeure ;
- de nécessité de compatibilité impossible à résoudre additivement.
D4 peut évoluer plus librement lorsque de nouveaux décodeurs, materializers ou produits révèlent des besoins queryables supplémentaires.
ksp-materializer-api
Rôle
Une seule crate publique est retenue :
ksp-materializer-api
Elle expose les contrats de matérialisation réutilisables sans dépendre du Store.
Deux capacités conceptuelles doivent pouvoir être distinguées :
GenericMaterializer
DomainProjector
Les noms exacts restent à valider.
GenericMaterializer
Transforme une représentation Core/runtime en output générique persistable en D3.
DomainProjector
Transforme un ou plusieurs inputs génériques/canoniques en représentation spécialisée de domaine destinée à D4.
Le second contrat peut évoluer en fonction des premiers cas réels. La séparation des responsabilités est plus importante que le nom du trait.
Dépendances
ksp-materializer-api
-> ksp-core-lib
-> ksp-program-api
Pas de dépendance vers Store.
ksp-materializer-lib
ksp-materializer-lib contient les implémentations officielles KSP de ksp-materializer-api.
Organisation conceptuelle possible :
generic/
...
domain/
metadata/
token/
dex/
...
La structure finale suivra les règles de domaine établies avec les premières implémentations.
Interdictions :
ksp-materializer-lib -X-> ksp-store-api
ksp-materializer-lib -X-> ksp-store-lib
Un materializer transforme ; il ne persiste pas directement.
Le worker/job/pipeline spécialisé relie la transformation à la persistence.
ksp-store-api
Rôle
ksp-store-api expose la frontière backend-agnostic de persistence KSP.
Il possède les contrats persistants correspondant aux niveaux durables :
raw
core
materialization
domain
La structure exacte des modules Rust sera définie avec la première implémentation.
ksp-store-api ne dépend pas de Program, Materializer ou Transport.
Contrats génériques et contrats de domaine
D1/D2/D3 doivent rester génériques et fortement structurants.
D4 peut croître progressivement avec les domaines officiellement supportés.
Cette différence est volontaire : l'API Store doit pouvoir ajouter de nouvelles projections queryables sans déstabiliser les contrats de replay historiques.
ksp-store-lib
ksp-store-lib est l'implémentation officielle de référence de ksp-store-api.
PostgreSQL est le backend de référence prévu.
La crate possède notamment :
- configuration backend/connexion ;
- pool/transactions backend ;
- migrations ;
- repositories ;
- queries ;
- persistence D1/D2/D3/D4 ;
- primitives de backlog/replay nécessaires au backend ;
- mécanismes PostgreSQL de notification lorsqu'ils sont retenus.
Les autres crates KSP ne contournent pas ksp-store-lib pour exécuter directement leurs propres opérations PostgreSQL.
Un second backend n'est pas créé abstraitement ; il devra justifier l'évolution de l'architecture lorsqu'un besoin réel apparaît.
Temporalités
Les temporalités blockchain et locales sont distinctes.
Exemples blockchain :
slot
block_time: Option<...>
Exemples locaux :
observed_at
acquired_at
persisted_at
processed_at
materialized_at
projected_at
Toutes ne doivent pas nécessairement être présentes dans chaque DTO/table. Leur sémantique doit cependant être explicite lorsqu'elles existent.
Aucune date locale ne remplace silencieusement un block_time absent.
Provenance
Un niveau dérivé doit permettre de remonter à son input durable et au processor qui l'a produit.
D1
Provenance d'acquisition :
- network ;
- provider/source ;
- transport ;
- rôle d'acquisition ;
- identité blockchain ;
- temporalités d'observation/persistence.
D2
En plus :
- input D1 ;
- processor/decoder identity ;
- processor/decoder version ;
- input hash ;
- processing time/state.
D3
En plus :
- input D2 ;
- materializer identity/version ;
- output identity/type/domain ;
- output/input hash ;
- materialization time/state.
D4
En plus :
- input(s) D3 ou références canoniques explicitement définies ;
- projector identity/version ;
- projection time/state.
La représentation exacte de la provenance sera conçue pour éviter de répéter inutilement de gros payloads.
Idempotence et versionnement
Chaque frontière dérivée doit pouvoir rejouer le même input sans créer de doublons logiquement distincts.
Principe conceptuel :
same logical input
+ same processor identity
+ same processor version
+ same logical output identity
= same durable result
Une nouvelle version du processor doit pouvoir coexister avec ou superséder le résultat précédent selon la politique du niveau.
Le système doit pouvoir représenter selon besoin des états tels que :
current
superseded
pending
failed
replay
Les noms, colonnes et contraintes SQL exacts seront décidés avec la première implémentation.
L'idempotence ne doit pas reposer uniquement sur l'espoir qu'une notification soit livrée une seule fois.
Replay
Les replays sont séparés par frontière durable :
D1 -> D2
D2 -> D3
D3 -> D4
Ils doivent pouvoir être exécutés indépendamment.
Exemples :
- nouveau decoder/Core processor : rejouer D1 -> D2 ;
- nouveau materializer générique : rejouer D2 -> D3 ;
- nouvelle version d'un projector : rejouer D3 -> D4.
Il ne doit pas être nécessaire de refaire toute la chaîne lorsqu'un niveau inférieur inchangé contient déjà l'information requise.
Les replays sont des jobs bornés, pas des modes cachés des workers live.
Les jobs de replay retenus sont ksp-job-replay-core, ksp-job-replay-generic-materialization et ksp-job-replay-domain-projection.
Notifications de données persistées
Contrat
ksp-store-api est le propriétaire du contrat canonique lorsqu'une notification signifie :
une donnée durable de telle catégorie/référence est disponible.
Le même type de donnée utilise le même format de notification quelle que soit son origine :
worker live
backfill job
import
replay
autre source
Notification != source de vérité
Une notification est un signal de réveil/accélération, jamais la source de vérité du backlog.
Elle peut être :
- perdue ;
- dupliquée ;
- retardée ;
- reçue après un restart.
Le consumer doit toujours pouvoir reconstruire son travail depuis le Store.
Exemple conceptuel :
notification RawAvailable
|
v
wake-up core worker
|
v
store query:
"quels inputs D1 ne sont pas encore traités
par CoreProcessor version X ?"
Le Store, l'idempotence et les checkpoints durables constituent la vérité.
Cette règle évite d'exiger immédiatement un broker exactly-once.
Ordre de publication
Une donnée n'est annoncée disponible qu'après persistence réussie :
persist
commit
notify
et non :
notify
persist
Payload
La notification privilégie une référence durable compacte plutôt que la duplication de tout le payload :
- catégorie/type ;
- réseau ;
- identifiant/range/cursor durable ;
- autres informations minimales nécessaires au consumer.
Les noms de DTO exacts restent à définir.
Mécanisme de diffusion
Le contrat est indépendant du mécanisme.
Candidats :
channel in-process
PostgreSQL LISTEN/NOTIFY
IPC
broker externe
ksp-store-lib peut fournir PostgreSQL LISTEN/NOTIFY comme mécanisme de référence si cela répond au premier besoin.
Le mécanisme initial de référence et la reprise opérationnelle sont détaillés dans 009-ACQUISITION_WORKERS_AND_JOBS.md.
Acquisition live et backfill
ksp-worker-raw-retriever et ksp-job-backfill diffèrent par leur lifecycle/orchestration mais produisent le même contrat D1 pour la même catégorie de donnée.
live source ----------\
+--> D1 Raw
historical backfill --/
Cela garantit que le processing downstream ne dépend pas de la manière dont la donnée a été acquise.
Le backfill n'est pas un mode historique du worker live.
Workers de processing
Les frontières de responsabilité sont désormais :
ksp-worker-raw-retriever
transport -> D1
ksp-worker-core-processor
D1 -> D2
ksp-worker-generic-materializer
D2 -> D3
ksp-worker-domain-projector
D3 -> D4
Chaque worker :
- peut utiliser les notifications pour réduire la latence ;
- doit pouvoir reconstruire son backlog depuis le Store ;
- écrit seulement le niveau durable dont il est propriétaire ;
- ne transforme pas silencieusement plusieurs frontières en une étape monolithique.
Le lifecycle, la concurrence, les cursors/checkpoints et la hot reconfiguration sont détaillés dans 009-ACQUISITION_WORKERS_AND_JOBS.md.
Projections de trading et autres domaines
Le trading reste une priorité produit mais ne détermine pas la structure D1/D2/D3.
D4 doit accueillir progressivement des faits canoniques de nombreux domaines :
- token ;
- metadata ;
- staking ;
- programmes ;
- trading/DEX ;
- autres domaines futurs.
Pour le trading, les materializers/projectors doivent normaliser les noms et structures propres aux protocoles vers des faits communs lorsque les invariants le permettent.
Questions laissées ouvertes
La première implémentation Store devra encore fixer :
- schémas SQL et noms exacts des tables ;
- clés/idempotence exactes ;
- représentation des hashes ;
- états de processing exacts ;
- temporalités obligatoires/optionnelles par table ;
- format exact des DTO D1/D2/D3 ;
- structure des repositories/transactions backend ;
- pagination/cursors ;
- conversion u64/slot/PostgreSQL ;
- stratégie des migrations initiales.
Les sujets opérationnels worker/job ont été précisés dans 009-ACQUISITION_WORKERS_AND_JOBS.md.
Restent à définir à l'implémentation :
- schémas SQL et contraintes exactes ;
- format concret des DTO D1/D2/D3/D4 ;
- claim/lease PostgreSQL ;
- contexte des projectors stateful ;
- mécanisme IPC des managers de services autonomes.